Faut-il brûler l'ONU ?

Guerre en Yougoslavie, en Irak, en Palestine, au Venezuela, en
Afrique... Que fait l'ONU, à quoi sert-elle ? Et du reste qu'en sait-on
? Quelques images rapides à la télévision de réunions du
Conseil de sécurité, quelques courtes interviews de son Secrétaire
général et parfois le débarquement des Casques bleus dans une
région du globe avec quelques idées reçues : l'ONU coûte cher, les
fonctionnaires internationaux sont des nantis, etc.
Première enquête d'investigation journalistique au sein du
système onusien et de ses organisations internationales, celle-ci
intervient à un moment où se pose avec force dans plusieurs grands
conflits la question du rôle et de l'efficacité de l'ONU. Faut-il
brûler l'ONU ? est donc un livre d'actualité.
Enquêter au sein de l'ONU conduit à un constat interne
accablant : le droit du travail est quasiment inexistant, l'emploi
d'une précarité insoupçonnée - sauf pour les hauts fonctionnaires
internationaux nommés aux postes de direction par les Etats,
essentiellement les grandes puissances occidentales qui s'octroient
60 % de ces postes -, la justice inique, le harcèlement psychologique,
sexuel et le mobbing répandus, la répression syndicale
importante, etc.
Mais ce n'est pas tout.
A cette situation interne s'ajoute le bilan catastrophique de
plus d'un demi-siècle d'ONU. Si vous lisez ce livre en une heure,
dans le même temps 900 personnes seront mortes de faim. Des
épidémies anciennes et nouvelles se propagent, trois milliards
d'habitants sur six "vivent" avec moins de deux dollars par jour, un
milliard ne sait ni lire ni écrire, un milliard est sans travail, 800
millions d'individus n'ont pas accès aux soins, le revenu par habitant
est aujourd'hui plus bas dans 80 pays qu'il y a dix ans...
Que reste-t-il de la Charte des Nations Unies ? Faut-il vraiment
brûler cette Organisation qui ne serait plus que «le machin»
de quelques grandes puissances ?