Tunisie, 1910-1960 : Victor Sebag, un photographe dans le siècle

L'histoire débute à la manière des contes de
fées. Nous sommes en 1910, Mohamed Naceur
Bey, 15<sup>e</sup> bey husseinite, offre au jeune Victor
Sebag pour son treizième anniversaire un appareil-photo.
Dès lors, son destin est scellé : Sebag
sera photographe.
Plus rien n'échappera à son regard : la rue, la
cour, le ciel, la mer et le désert. Devant son objectif
défilent les beys, les aristocrates, les marginaux,
les militants, les laïcs et les religieux ; se croisent
les Tunisiens, les Français, les Italiens et tous les
autres. Il fixera en image les palais du Bardo et
la Casbah, Moncef Bey à La Marsa, de Gaulle au
Belvédère, Saint-Exupéry à Laouina, Chafia Rochdi
à Carthage, Joséphine Baker à Dougga et les fileuses
anonymes de Tozeur.
Dès les années 1910 et jusqu'aux lendemains de
l'indépendance, journaliste et reporter photographe,
Sebag sera, tout au long du siècle, le témoin
capital des grands moments de la vie sociale, politique
et artistique tunisienne. Dernier directeur
du journal tunisien Le Petit Matin , les plus grandes
agences européennes et américaines le sollicitent.
Il est le correspondant du New York Times , de
L'Excelsior , de Wide World Photos , de L'Afrique du
Nord illustrée.
Ce livre est une véritable redécouverte. Après
avoir été largement diffusée auprès de ses contemporains,
son oeuvre aujourd'hui méconnue, nous
est enfin restituée. Ces pages offrent, pour la première
fois, une splendide sélection de 230 photographies
qui sont autant des oeuvres d'art que
des contributions majeures à la mémoire visuelle
tunisienne du XX<sup>e</sup> siècle.