La société martiniquaise aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1664-1789

Au XVI<sup>e</sup> siècle, les Espagnols s'intéressent avant tout aux rives des
Grandes Antilles, puis à celles du continent. Zone d'escale, les Petites
Antilles ne sont pas l'objet d'une occupation permanente. Au XVII<sup>e</sup>
siècle, avec le développement d'un nouveau modèle de colonisation
fondé sur l'agriculture, initié par des Anglais, des Français et des Hollandais,
les Petites Antilles deviennent un enjeu économique, puis des
colonies de peuplement.
En 1626, les Français participent à la colonisation officielle de Saint-Christophe.
En 1635, ils s'installent à la Guadeloupe et à la Martinique.
En 1664, ils implantent la culture du «pétun», qui se fait principalement
avec des engagés ; celle-ci cède la place à la canne à sucre, avec le
recours massif aux esclaves importés d'Afrique. Parallèlement, l'emprise
du pouvoir royal se précise ; de plus une génération de créoles
blancs va jouer un rôle essentiel dans le peuplement.
Y a-t-il une continuité entre le XVII<sup>e</sup> siècle et le XVIII<sup>e</sup> siècle ? Que
penser de l'idée universellement admise que les populations blanches et
noires ne peuvent se maintenir dans l'immigration ? Tous les contacts
entre Africains, Amérindiens et Européens, l'affranchi et le sang mêlé
qui, souvent, se confondent, posent la question de leur insertion dans les
hiérarchies et la démographie.
A partir de la correspondance administrative, des dénombrements,
des registres paroissiaux et, à compter de 1776, des notaires, l'auteur
étudie les bases économiques et, plus minutieusement, les structures
imposées et les réactions populaires qui, par exemple, font de l'illégitimité,
moins une conséquence de la déchristianisation, qu'une réponse à
la fermeture d'une société rigide, touchée, en 1789, par les idées de
liberté et d'égalité.