Hospitalisations sans consentement

La santé mentale de la population est une
question de politique publique importante.
Selon une enquête internationale, plus d'un
tiers de la population française en 2005 a
souffert d'au moins un trouble mental au
cours de sa vie. En France, l'offre hospitalière
de soins psychiatriques est présente dans
plus de 600 établissements de santé. Chaque
année plus d'un million de personnes est pris
en charge en établissements spécialisés en
psychiatrie. La grande majorité des hospitalisations
en psychiatrie se fait à la demande
du patient. Toutefois, dans certains cas, cette
hospitalisation lui est imposée. En effet, ce
sont plusieurs milliers de personnes qui sont
hospitalisés sans leur consentement tous les
ans (près de 70 000 personnes en 2007 et
2008). Ces soins hospitaliers réalisés sans le
consentement du patient répondent à la
nécessité de ne pas attendre la demande du
patient dès lors que ses troubles mentaux
nécessitent une prise en charge sans délai
car ils sont susceptibles d'engager son
pronostic vital ou de porter atteinte à sa
sécurité ou à celle de ses proches.
La loi du 27 juin 1990 relative aux droits et
à la protection des personnes hospitalisées
avait modifié le régime de l'hospitalisation
sans consentement notamment en limitant
les restrictions aux droits des patients. Seules
avaient été maintenues, pour les personnes
hospitalisées sans leur consentement,
les restrictions qui étaient nécessitées par
leur état de santé et par la mise en oeuvre
de leur traitement. Cependant, le dispositif
législatif restait largement perfectible. La
loi du 5 juillet 2011 relative aux droits et à
la protection des personnes faisant l'objet
de soins psychiatriques et aux modalités
de leur prise en charge est venue modifier
en profondeur les conditions de prise en
charge des personnes hospitalisées sans
leur consentement. Cet ouvrage se propose
d'étudier le régime des hospitalisations
sans consentement en France.