La guerre d'Algérie : mémoire oubliée

«Dès que fermées les portes de la guerre, tout le monde a
voulu oublier, du moins tout le monde a fait semblant.»
Pierre Nora, «L'Algérie fantôme», L'Histoire, 1982.
Mais ceux qui ont été impliqués dans le conflit algérien
n'oublieront jamais. Ni Clergeaud, jeune médecin communiste
fiché pour ses appels à l'insubordination. Appelé
en Algérie, il arrache à une mort certaine Guilloton, un
gars de son pays, en tuant le fellagha qui s'apprête a l'assassiner.
Toute leur vie, les deux hommes seront, l'un sujet à
des cauchemars, l'autre affligé par une blessure de l'âme
d'avoir agi à l'encontre de ses opinions politiques...
Ni les anciens soldats d'Algérie, ni les civils musulmans
pris entre deux feux, ni les pieds-noirs empêtrés dans leur
Nostalgérie française, ni les harkis honteusement abandonnés
par la France, ni même les résistants algériens
«oubliés» de l'Histoire de leur pays, n'arracheront de leur
mémoire les pages terribles du drame algérien.