Proust vous écrira

Proust, je croyais le connaître. J'avais tort. Et puis
j'ai découvert sa Correspondance : la plus proustienne
de ses biographies et aussi la plus longue.
Peu de lectures m'ont autant émue, aucune ne
m'a autant fait rire. Sa bonté, sa générosité, ses
drôleries, son ironie éblouissent. Il y a aussi les
calculs, les adorables perfidies, les naïvetés, les
caprices. Tant mieux, le génie en négligé ne peut pas
décevoir.
Dans l'enchantement de ma lecture, je ne pouvais
plus quitter - je parle de l'homme encore plus
que de l'écrivain. Alors j'ai proposé à Angie et
Florent - ils veillent sur la Revue littéraire de Léo
Scheer - d'écrire quelque chose sur ce Proust à la
lettre, de continuer de jouer avec lui. Ils m'ont
proposé : «Vingt pages, ça vous ira ? - Oh ! c'est
beaucoup trop.» Ce n'était pas assez. Mon sujet
m'a emportée. Ces vingt pages étaient bouffantes.
Elles sont devenues ce petit livre involontaire où,
comme à moi, je l'espère, Proust vous écrira.