La dernière marche de l'Empire : une éducation saharienne

Un an après être sorti de Saint-Cyr, en 1933, le lieutenant Jean du Boucher (1910-1998)
est affecté en Mauritanie, aux confins du Sahara espagnol, comme méhariste
des Groupes nomades de l'armée française en compagnie de 80 goumiers et
120 tirailleurs sénégalais. Leur mission est d'en finir avec la «dissidence» de tribus
de nomades guerriers du Sahara nord-occidental et d'occuper leur territoire.
Nous suivons au jour le jour leurs déplacements à chameau dans un désert où il est
toujours possible de s'égarer au risque de mourir de soif. Dans ce récit écrit à la
première personne, Jean du Boucher raconte sa vie et celle de ses compagnons
dont il a découvert et aimé les comportements, les modes de vie, le code de
l'honneur, etc. Il apprend leur langue et se marie même deux fois
selon leur coutume. Il témoigne aussi de la
fragilité des équilibres entre les tribus
chamelières et la nature, que la présence
militaire étrangère menace de détruire.
Mais c'est tout autant le surprenant
fonctionnement de l'armée française, les
relations entre Paris et les unités sur le
terrain, les civils et les militaires, les
rapports, enfin, avec la Légion étrangère
qui sont racontés ici avec humour et ironie.
Quand Sophie Caratini a recueilli le témoignage
de celui qui était entre-temps devenu général,
elle était en quête de données directes sur
les militaires français qui avaient vécu pendant la
colonisation sur le territoire des chameliers Rgaybat
du nord-mauritanien, cherchant à comprendre la nature
de la relation coloniale dans cette région. Le récit de
Jean du Boucher dont elle propose la retranscription
littéraire va largement au-delà de cette ambition : c'est un
vrai roman d'aventures.