Jean Sénac, l'Algérien : le poète des deux rives

"Poète, bâtard, pédéraste", rebelle à tous les conformismes,
Jean Sénac n'a cessé d'affirmer sa liberté, parfois au prix de
sa gloire littéraire, sans doute au prix de sa vie.
Vie marquée par le mystère et par le drame. Mystère de sa
naissance : il poursuivra jusqu'à sa mort l'image d'un père qu'il
n'a jamais connu. Drame intime d'un homme dont les prises
de position en faveur d'une "patrie algérienne" et l'engagement
politique aux côtés du FLN pendant la guerre d'Algérie ont
provoqué des ruptures déchirantes, comme celle qui le sépare
d'Albert Camus, son "père spirituel". Mystère enfin qui entoure
son assassinat en 1973 sur cette même terre d'Algérie, où il est
revenu après l'indépendance.
Il a fallu trente ans pour que Jean Sénac trouve enfin la place
essentielle qui lui est due dans la poésie contemporaine,
pour qu'elle lui soit reconnue au moment où s'ébauche cette
réconciliation entre les deux rives de la Méditerranée pour
laquelle il a combattu - à sa manière.
Et c'est en toute liberté que les auteurs nous font découvrir
l'homme, le poète, le militant.