Le théâtre dans l'histoire : les scènes, les hommes, les oeuvres : la scène entre les dieux et les hommes

Un jour, j'ai découvert que le Théâtre était la face cachée
de l'Histoire. J'ai vu alors, sur une scène étroite habitée par des mots et des corps, les siècles se dévêtir et se démaquiller.
Les règnes, les batailles, les conquêtes et les défaites, les dynasties et les monuments, tout ce qui paradait dans le grand
défilé des civilisations, devint la toile de fond d'un drame non-historique, celui d'hommes et de femmes qui souffrent,
aiment, rêvent, espèrent, désespèrent, s'ignorent, se comprennent, se cherchent, se perdent , et qui appartiennent à des temps et des pays que l'Histoire ne dit pas.
Depuis, sur des scènes multiples, des hommes et des femmes me regardent, me parlent, me touchent et m'interrogent. Ils
sont vivants, alors que les grands rois et les grands capitaines sont des statues figées dont l'ombre n'est guère plus grande
que celle de leur tombe, et dont la « gloire » ne dépasse pas celle d'un chapitre révolu. Cette « non-Histoire » du Théâtre
est celle que racontent les « spectateurs » de tous les temps, mes semblables.