Mes rêves avaient un goût de sel : itinéraire d'un nageur de combat de la Marine

«Après quelques questions d'usage sur ma famille et mes études, le gradé qui était devant moi
me demanda ce que je voulais faire dans la Marine Nationale. Sans complexe ni hésitation je
lui répondis :
- Nageur de combat.
- Maurice, viens vite voir, nous avons un plaisantin ! dit-il en s'adressant à un de ses collègues
qui se trouvait dans la salle.
- Tu veux être... ? Tu sais de quoi tu parles ?»
Le jeune toulonnais de tout juste dix-sept ans, fou de plongée sous-marine, fait en 1965 ses
«trois jours» de sélection en vue de s'engager dans la Marine. Un brin goguenard, le recruteur
lui détaille alors les degrés de la très haute échelle, aux barreaux plutôt glissants, qui lui
permettrait d'accéder à son rêve, dont le redoutable stage commando, le même que passaient
les hommes du commandant Kieffer avant de débarquer en Normandie, et le cours
de nageur de combat pour enfin recevoir l'insigne tant convoité aux deux hippocampes ailés.
Jean-Pierre Roybon réalisera son rêve. Il deviendra le nageur de combat au brevet n° 407 sur
moins d'un millier attribués à ce jour, puis passera au très discret Commando Hubert.
Il décrit son parcours et évoque son aventure comme celle de tous ceux qui sont entrés dans la
vie par la dure école des fusiliers-marins, qu'ils aient ou non atteint, comme lui, le plus haut
degré de ce podium.
D'une verve joyeuse et décapante, Jean-Pierre Roybon écrit comme il parle, avec son accent
méridional qui fleure bon le thym et la farigoulette, en particulier
lorsqu'il raconte, en bon toulonnais, ses «coups» dans le fameux
«Chicago», quartier «chaud» du Toulon de l'époque. C'est sans
la moindre exagération en revanche, ni la plus petite rodomontade,
qu'il décrit son entraînement et les techniques employées, faisant de
ses souvenirs un précieux et très complet récit de la vie d'un nageur
de combat.