Un long malentendu et d'autres poèmes

Un long malentendu et d'autres poèmes
... J'essuie des larmes plus vastes que la terre
Et j'échoue à imaginer les relations simples
Comme celles
Entre la mort et l'éveil
Entre l'obscurité et le feu
Entre tes yeux en amande
Et l'amour...
Mohamad Nassereddine développe ses mondes poétiques avec une acuité et une ironie qui ne masquent pas sa tendresse écorchée. Sa conscience des soubresauts de l'histoire et sa vision critique ne l'empêchent pas d'explorer la magie et les croyances qui l'entourent. Il en perce les contradictions avec délicatesse. Ce n'est pas un tribun bien que sa pensée pourrait l'y mener mais un découvreur des merveilles et de l'abîme de l'être. Il traverse la douleur et la guerre, qui se sont trop longtemps conjuguées au destin du Liban, sans concession à l'héroïsme ou à la dramatisation. Il tient la réalité la plus intransigeante et pure à travers ses mots qui jouent au fil du rasoir l'aventure de la mort et de la survie. Lui-même se remet en question pour mieux percer le mystère de son existence dans un monde dévoué aux martyrs et au sacrifice purificateur. Il n'est pas de cette engeance mais en observe les faits et gestes à la fois amusé et effrayé.