Revue de bibliologie, n° 78. De l'Occident libéral à l'Eurasie communiste : la bibliologie coloniale

Il est des moments rares où les sociétés changent. C'est le cas
aujourd'hui. À la tyrannie de la Monarchie absolue a succédé l'Occident
libéral, puis maintenant l'égalité de l'Eurasie communiste.
La pensée scientifique s'interroge et cette revue, en tête de l'avant-garde
depuis les années 1950, sur le plan artistique et, depuis 1968, sur le plan
scientifique, aborde la question de l'évolution politique contemporaine.
Elle le fait, en première partie, avec une théorie des civilisations dont
l'origine remonte à Paul Valéry et qui permet d'établir la position des
États-Unis, de l'Europe et de la Chine communiste dans la phase du cycle
des civilisations. Une fois la conviction établie, il faut renverser la pensée
scientifique et l'orienter dorénavant vers la bibliologie coloniale.
Une seconde partie est consacrée au Sahel cruciforme, à la rencontre
entre l'Arabie musulmane et le néocolonialisme français.
Plusieurs auteurs sont concernés : Henri Sene (Sénégal) et ses
«cartographies du désert» ; Jean-Pierre Hamon (France) et «la fin de
l'Avant-Garde du Signe» ; Mohamed Diagayete et Moussa Ibrahim Toure
(Mali), sur «les manuscrits de Tombouctou» ; Marie-France Blanquet
(France) et «les bibliothèques du désert» ; Samira Taleb (Algérie) et
«la relation journalistique algérienne, concernant les évènements d'In
Aménas».
Une troisième partie, de nature géographique, concerne la bibliologie
coloniale sub-saharienne et de Madagascar.
Hommage est rendu à Martin Ranivo (Madagascar), le fondateur de
la bibliographie coloniale française de Madagascar ; à l'autre bout du
temps Jean-Pierre Manuana-Nseka (RDC) fait le point de l'évolution de
ce domaine et de ses propres travaux sur la bibliographie coloniale belge
de RDC. Eddie Tambwe (RDC) élargit le domaine avec la bibliologie
politique et Bob Bobutaka-Bateko (RDC) conclut ce numéro par une
recherche sur les concepts de la bibliologie.