Notre sang quotidien : le journaliste et l'assassin

«Il est mort, c'est ma conviction ! Et c'est Troppmann qui l'a tué, c'est
aussi ma conviction ! Maintenant c'est à nous de le prouver. J'offre
une récompense de cinq mille francs à celui d'entre vous qui découvrira
le premier le cadavre de Jean Kinck.»
Propriéraire du Petit Journal , Polydore Millaud a vite compris que le
public veut du sensationnel et que le drame de Pantin est pour lui
l'occasion d'augmenter ses tirages. Grâce à ses articles, il fait de
Troppmann une célébrité et celui-ci, multipliant les fausses déclarations,
lui renvoie l'ascenseur, ignorant que cela le conduira tout droit
à l'échafaud.
Certes, Troppmann est censé avoir assassiné sept personnes, mais les
journalistes doivent-ils se transformer en auxiliaires de police ? Est-ce
le rôle du Petit Journal d'exacerber la vindicte populaire ? Le débat est
toujours d'actualité.