Atelier du roman (L'), n° 117. Simenon : le peuple du roman

J'approuve l'anti-intellectualisme de Simenon. Il n'y a rien de si bête, de si dangereux qu'un intellectuel. Un intellectuel ne connaît rien à rien, vit dans un monde irréel, dit n'importe quoi la plupart du temps.
Bernard Quiriny.
S'imposer comme un sujet furieusement libre de ne pas être celui qu'on s'imagine. Telle est la grandeur du roman policier de Simenon : faire exploser la loi du « parce que » dans le genre qui l'incarne le plus fortement.
Michel Biron.
Simenon, comme Verne, teint chacun de ses livres différemment et avec la teinture qui convient. C'est une forme de talent qui échappe à tout déterminisme technique. C'est un safran, un carry introduits en littérature.
Alberto Savinio.
Habitues que nous sommes à l'évaporation du tragique, à l'euphémisation du réel, à la transformation de la cité en plateforme de « fun », à la permanence du coulis de lave touristique, à la multiplication des injonctions à s'éclater, bref, enfants de la révolution festive de l'espace urbain, nous ne voyons plus ce dont Simenon nous parle.
Marin de Viry.
Les personnages de Simenon sont pris du sentiment que les dés étaient pipés, que ce qui passait pour réel n'était que faux-semblants, et que toute satisfaction n'est jamais bâtie que sur du vide. Le manque est originel et il a le dernier mot.
Reynald Lahanque.
Cette dimension juive des romans de Malamud, souvent soulignée, est évidemment incontournable, elle a nourri l'admiration de son ami Saul Bellow comme celle de Philip Roth.
Jérôme Couillerot.
A l'heure de l'éco-critique, de l'anthropocène et du péril écologique, comment ne pas mettre nos pas dans ceux de John Cowper Powys ?
Florence Marie.
Le monde de Chase est (en grande partie) celui qui a connu la guerre mondiale et la bombe. Les héros de Chase ont risqué la mort, tué et vu mourir. Ils sont suffisamment brisés, même s'ils n'en parlent pas, pour n'avoir plus d'autre morale que celle de l'argent, du sexe et du whisky.
François Taillandier.