La langue, le discours et la culture en anglais du droit

Bien plus qu'un simple outil de communication, la langue, autrement
dit la manière de parler ou d'écrire, façonne et engendre
la manière de penser et donc le discours ; ce dernier, dans de
nombreux domaines et notamment le droit, comporte un élément
performatif. En effet, tout acte juridique est en même temps un
acte de langage, qui réalise l'effet qu'il poursuit par cela seul qu'il
l'énonce. En d'autres termes, parler c'est agir, «dire c'est faire».
Le droit offre une très bonne illustration de cette étroite solidarité
du langage et du contenu qu'il véhicule car, avant de se décider, il
se pense et il s'exprime à travers un ensemble de représentations
collectives propres au génie de chaque nation. Surgissent alors
deux difficultés, celle de l'interprétation intra-langue de tout
énoncé juridique, travail qui relève du juriste, et celle de la traduction
inter-langues, qui est du domaine du traducteur. Assimiler et
transmettre le sens, mais aussi produire l'effet recherché, tels
sont les objectifs partagés par les deux professions. Pour y
parvenir, il ne suffit pas de (re)trouver des mots, il faut comprendre
et, éventuellement, restituer des concepts et des catégories
qui organisent le monde, une méthode de raisonnement, une
manière d'argumenter. L'activité du juriste et celle du traducteur
se rejoignent dans une démarche commune, qui comporte nécessairement
une part de création de sens. De là à dire que juristes et
traducteurs exercent le même métier...