Les chemins de la peste : le rat, la puce et l'homme

La peste, ce fléau majeur de l'histoire des hommes qui ravagea l'Orient et
l'Occident du XIV<sup>e</sup> au XVIII<sup>e</sup> siècle, est pour beaucoup une maladie historique,
dépassée, dont l'énigme de la propagation semble depuis longtemps
résolue. Il n'en est rien. La dernière pandémie s'étendit au monde entier entre
1894 et 1945, dévasta l'Inde, atteignit des terres nouvelles, débarqua dans tous
les ports d'Europe - déterminant à Paris la fameuse «Peste des Chiffonniers» de
1920.
Depuis, la maladie fait chaque année des victimes. L'absence de vaccin réellement
efficace, l'apparition d'une souche résistante et l'impossibilité d'éradiquer
le bacille font considérer ce mal comme une menace non négligeable.
Dans la lutte séculaire que l'homme mène contre la peste, la connaissance précise
des modes de sa dispersion forment un élément-clé, permettant la mise en
place de mesures préventives essentielles. Ainsi l'identification des puces responsables
de l'épidémisation, qui fait depuis longtemps l'objet d'une sérieuse
controverse, constitue-t-elle un enjeu de première importance.
En faisant appel aux données de la médecine comme de l'histoire, de l'entomologie
comme de l'archéologie, l'ouvrage de Frédérique Audouin-Rouzeau propose
une possible issue à ce débat centenaire...