Gens du Sud, gens du Nord : quand la Corée s'est divisée...

Récit autobiographique de Ho-Chul Lee, l'un des écrivains
majeurs de Corée, Gens du Sud, gens du Nord nous
emmène dans un pays qui, tout juste libéré de l'occupation
japonaise, va subir la terrible déchirure de la
guerre de Corée.
Lee, alors lycéen en Corée du Nord, nous livre ses pérégrinations
burlesques et tragiques à la fois : des apprentis
soldats aux officiers, nul ne semble savoir au juste ce qui
se passe, ce qu'il faut faire. Pèsent sur tout cela l'absurde
rigidité du vocabulaire communiste, l'autocritique, le
danger bien réel d'être dénoncé comme «bourgeois» ou
«impérialiste».
Le héros est un simple témoin, qui raconte avec exactitude
et simplicité ses conversations, ses réflexions. Cependant,
le jeune Ho-Chul Lee - «déjà à l'époque existait en moi
ce qu'on appelle la littérature», confie-t-il d'ailleurs - a le
talent d'écrivain qui transforme ce récit en grand livre.
Ce qui rend l'oeuvre singulière et attachante, c'est,
au-delà du clivage Nord-Sud et malgré la guerre, l'amour
infini pour la Corée éternelle, ses paysages, ses ciels et
ses parfums ; côte à côte, les «ennemis» ressentent la
même émotion lorsque la mer apparaît derrière une
colline, et c'est peut-être bien là toute la leçon de ce récit.