Annales, n° 5 (1999)

Malgré changements de régime et révolutions, l'Etat chinois moderne n'a cessé de poursuivre des projets dont l'origine remonte aux crises du XIX<sup>e</sup> siècle et aux efforts des théoriciens et hommes d'Etat pour sortir l'empire du marasme.
Philip Kuhn propose l'hypothèse très neuve d'un <<programme constitutionnel=""/>> dont il met en lumière la continuité par-delà les bouleversements intellectuels qu'ont induits l'intrusion des idées occidentales après 1850 et la dissolution du système impérial en 1912. Comment élargir la participation politique et convoquer les énergies populaires tout en renforçant l'autorité de l'Etat ? Comment accroître le contrôle direct du pouvoir sur les ressources fiscales du pays afin de le moderniser ?
Analysées dans la longue durée, depuis la crise économique des années 1820 jusqu'aux efforts d'industrialisation du régime populaire, ces questions révèlent la permanence d'une problématique spécifiquement <<chinoise/>> à laquelle le XX<sup>e</sup> siècle a tenté d'apporter des réponses <<modernes/>>.
Une réflexion originale sur la nature du conservatisme politique dans la Chine moderne conduit Philip Kuhn à se demander si l'ouverture récente de la Chine au commerce mondial permettra enfin à l'identité nationale chinoise de s'exprimer autrement que par référence à une autorité centrale doctrinaire.