Premiers contacts : des ethnologues sur le terrain

Au tournant du XX<sup>e</sup> siècle, l'ethnologue quitte le confort de
son cabinet de travail pour vivre «en sauvage parmi les sauvages»
au sein de peuples qualifiés de «primitifs», dont certains n'ont
jamais vu d'homme blanc. Il apprend leur langue, observe le
moindre de leurs gestes afin de découvrir les structures d'une
culture complexe alors même qu'elle est en train de disparaître sous
l'effet de la colonisation.
Riche en hommes exceptionnels, jalonnée d'ouvrages aussi
célèbres que L'Afrique fantôme (1934) de Michel Leiris ou Tristes
Tropiques (1955) de Claude Lévi-Strauss, rédigés par des hommes
ayant eux-mêmes participé aux premières expéditions, l'aventure
des premiers ethnologues sur le terrain a été un moment privilégié
de l'histoire des sciences humaines.
Ce livre, qui n'a pas été écrit par un ethnologue, est destiné à
un large public. Il tente de répondre à certaines questions : qu'est-ce
qu'un «primitif» ? Un «civilisé» ? Quelles ont été les méthodes
de travail des premiers ethnologues ? Leurs rapports avec le pouvoir
colonial ? Elargissant le sujet traité, l'auteur évoque l'étonnant
voyage de Gide au Congo, la réaction des habitants de Nouvelle-Guinée
à la vue des premiers Blancs ainsi que l'importance des
journaux intimes tenus par les anthropologues, sans oublier le rôle
des surréalistes et des marchands d'art dans le pillage des objets de
culte ni le choc que fut, pour les uns et les autres, la découverte de
cultures autres que la sienne.