Le Sénat aux rials : quand les élus vendent le peuple

L'histoire bégaie dans notre démocratie créole ! Comme en 1968, 1977 et
1992 et en 1995, certains élus guadeloupéens ont, à l'occasion des élections
sénatoriales du 26 septembre 2004, donné une fois encore une triste image de la
politique. La vie politique locale continue d'être le théâtre des compromissions,
des renoncements, de la corruption et de tractations innommables. Annoncée
dès le vendredi soir par un communiqué signé par "l'UPLG", le "Mouvman
Guadloupéyéen", "Guadeloupe Respè" et le "Parti Communiste Guadeloupéen"
qui appelait à barrer la route des partisans du NON au dernier référendum et diffusée
sur les ondes, la veille, l'issue de cette consultation est clairement un outrage au
Peuple guadeloupéen qui avait clairement exprimé son choix le 7 décembre 2003.
Les partisans du OUI ont oublié que c'est le Peuple qui fait les élus et
non les élus qui font le Peuple. Sans se soucier de l'état d'âme d'un Peuple trahi,
bafoué, insulté par les basses méthodes utilisées, ils ont voulu prendre leur
revanche sur le Peuple et faire sans le Peuple ce que le Peuple avait refusé. Celui
qui voulait être le chantre de "la vraie Gauche" et pour qui "la démocratie guadeloupéenne
est durablement pervertie par la corruption institutionnalisée" a donné
raison à celle qui disait que "tout le monde avait un prix" ! Laissant l'autre servir
deux maîtres aux vertus et à la morale différentes. Mais nul ne peut servir deux
maîtres. Car ou il haïra l'un, et aimera l'autre ou il s'attachera à l'un et méprisera
l'autre. On ne peut "servir Dieu et l'argent". Que chacun des élus "se détourne de
sa mauvaise conduite, change sa façon de vivre et de faire". Le Peuple en a assez
de ces mascarades qui dégoûtent tous les jours ceux qui veulent faire autrement
la politique dans ce pays. La crasse politique, remontée au nez de tous, nous
invite à tirer la chasse.