Trois contes

En 1875, incompris depuis Salammbô ,
enlisé dans les ratures de Bouvard et
Pécuchet , ruiné par sa nièce, Flaubert
reprend un projet de jeunesse : La Légende
de saint Julien l'Hospitalier. Le feu de
l'écriture lui redonne goût à la vie et à
la création : il poursuit avec deux autres
récits, pour réunir en une seule oeuvre
«du Moderne, du Moyen Âge et de l'Antiquité». Un coeur
simple , le volet «moderne» du triptyque, raconte la
vie pathétique de Félicité, une pauvre servante au
grand coeur. Coloré et étincelant comme un vitrail,
énigmatique comme un rêve, le conte médiéval
La Légende de saint Julien l'Hospitalier retrace le destin
sanglant d'un héros qui oscille entre sainteté et folie.
Quant au volet «antique», il fait revivre, avec Hérodias,
l'époque évangélique, en donnant à la littérature
la première incarnation d'un mythe qui, de Wilde
à Nabokov, traversera la modernité : celui de Salomé.
Dernière oeuvre publiée par Flaubert de son vivant, Trois
contes peut être tenu pour son testament esthétique.