Maurice Blondel : dignité du politique et philosophie de l'action

L'homme dans la Cité peut-il se suffire en souverain ? Pour agir en politique,
doit-il consentir à toutes les chaînes et renoncer à sa destinée ? Comment
peut-il assumer l'immensité de sa responsabilité devant les hommes, devant
lui-même ou devant Dieu ?
Le philosophe Maurice Blondel (1861-1949) nous convie à un examen
critique de l'action humaine, comme des choix d'un citoyen libre appelé à
construire un ordre politique.
Les auteurs de ce volume, chercheurs en philosophie ou en histoire des
idées, montrent combien la réflexion de Blondel éclaire de nombreuses
questions politiques : la «société», le «droit», le «pouvoir», les «relations
internationales», etc. Car «le philosophe d'Aix» a participé activement aux
débats politiques : le catholicisme social, les dérives de l'Action Française, la
montée des nationalismes et des totalitarismes, les conditions de la démocratie
et de la paix entre les nations. En 1948, celui dont s'inspirait Robert Schuman
écrivait :
«Ce n'est donc pas seulement sur des formules, des conventions ou des
traités que doit peu à peu se contracter et se préciser une "union européenne"...
C'est sur le respect mutuel, dans la liberté confiante, pour la mise en commun
et en valeur des ressources vitales et des secours occasionnels ou permanents».