Ermite et provincial : 1864-1940. La dévotion à saint Dominique

« L'homme propose, Dieu dispose. Et c'est tant
mieux ! Le coeur du jeune frère Étienne Vayssière
fourmillait d'excellents projets. Dans la ligne de sa
vocation dominicaine, il se voyait déjà en théologien,
scrutant les richesses du Mystère de Dieu pour en
nourrir la vie des croyants. Ou encore en prédicateur
ardent convertissant les foules. Et soudain - il a
vingt-quatre ans - tout s'effondre. Maux de tête,
fatigue permanente, impuissance. Le verdict tombe :
incurable. Il est alors relégué dans des couvents où
il végète, s'ennuie, tourne en rond. Il échoue enfin à
la grotte de la Sainte-Baume. Enterré vivant. Il ne peut
ni prêcher, ni lire, ni même prier... Il n'a plus rien.
Ou plutôt, dépouillé qu'il est de l'accessoire, il n'a plus
que l'essentiel : l'adhésion de chaque instant à la
volonté de Dieu» (frère Serge-Thomas Bonino, o.p.).
Le frère Marie-Joseph Nicolas a su, en 1941, quelques
mois après la mort du saint provincial de Toulouse,
esquisser à partir des échanges qu'il eut avec lui
ce magnifique portrait dont le plan constitue à lui
seul tout un programme spirituel : la grâce de la souffrance
; la grâce de la solitude ; la grâce de l'intimité
mariale ; la grâce de la paternité ; la grâce de la mort.
Nous joignons à ces notes un texte écrit par le père
Vayssière en 1935 sur la dévotion à saint Dominique.
La manière dont il a été amené par des circonstances
providentielles à vivre le charisme dominicain confère
à son portrait de saint Dominique une touche originale.