Madrid : petite ville de l'islam médiéval (IXe-XXIe siècles)

Madrid : petite ville de l'islam médiéval (IXe-XXIe siècles)

Madrid : petite ville de l'islam médiéval (IXe-XXIe siècles)
2009268 pagesISBN 9782753508231
Format: BrochéLangue : Français

Madrid naît au milieu du IX<sup>e</sup> siècle, fruit de la volonté du prince

omeyyade de Cordoue Muhammad I<sup>er</sup> : vers 860, l'émir décide de

fonder une fortification aux confins septentrionaux de son État

sous le nom de Magrit, «là où l'eau abonde». Magrit fut une petite ville fortifiée

de quatre hectares, auxquels s'ajoutaient des noyaux d'habitat ouverts et

dispersés autour de l'enceinte. Elle était peuplée d'artisans, célèbres pour

leur travail de l'argile, de paysans, mais aussi de savants et de fonctionnaires,

le gouverneur et le cadi, qui représentaient la cour omeyyade et veillaient à

la bonne marche des affaires urbaines. Après la conquête de Magrit par les

Castillans en 1085, la ville conserve de ses origines islamiques son nom, qui

devient Magerit, puis Madrid, et elle maintient le principal axe de circulation

de la petite ville omeyyade, la grand'rue de Magrit formant aujourd'hui la

partie finale de la Calle Mayor madrilène. Au bout de celle-ci, se dresse la

cathédrale de la Almudena, dont le nom perpétue la mémoire d'un terme

arabe, al-mudayna , la citadelle.

À partir des sources textuelles et archéologiques, cet ouvrage s'efforce de

suivre le chemin parcouru par Magrit depuis sa fondation jusqu'à nos jours :

pour comprendre la genèse de la ville, il faut revenir vers le site qui l'accueille,

le nom qu'elle reçoit et l'homme qui décide de la faire édifier. Pour saisir le

fonctionnement de la ville, il faut se tourner vers ses territoires, nourricier

et administratif, et vers les espaces avec lesquels elle est en contact, celui du

Même et celui de l'Autre. L'histoire de Magrit au-delà du XI<sup>e</sup> siècle est celle

des mudéjars et des morisques, celle d'un vif intérêt autour des origines de la

ville choisie par Philippe II pour être la résidence de sa cour, celle d'un legs

islamique dont la reconnaissance patrimoniale peine encore parfois, en ce

début de XXI<sup>e</sup> siècle, à se faire entendre.

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