Palabres, n° 9. Congo-Kinshasa : de la démocratie enrayée au dialogue intercongolais

De la démocratie enrayée au dialogue intercongolais
Lorsque, le 17 mai 1997, les troupes de l'AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre) pénètrent dans la capitale zaïroise, Kinshasa, la population jubile dans la rue pour saluer la «libération».
Paradoxalement, à deux mille kilomètres de là, dans la ville de Lubumbashi devenue son fief, le jusqu'alors rebelle Laurent-Désiré Kabila porte son pouvoir sur les fonts baptismaux par une onction autocratique : il s'autoproclame président de la République Démocratique du Congo. Le décor du malentendu entre le «libérateur» et les «liberés» est planté. Le hold-up sur le processus de la démocratisation est consommé... (Polydor-Edgar M.M. Kabeya ; juriste, rédacteur en chef de «Palabres»).
Le nuage de poussière
Durant les années cinquante, j'étais au Congo pour le compte de la Mobil Oil, une grosse boîte qui m'envoyait dans d'autres grosses boîtes vendre des lubrifiants. Si bien que j'ai parcouru le pays un peu dans tous les sens. Il se fait qu'à l'époque il y avait peu de bagnoles qui circulaient en brousse. C'était comme le Paris-Dakar : je soulevais derrière moi un nuage de poussière et chaque fois que je passais dans un village tous les gosses étaient là pour fêter l'événement : Bwana ! Bwana ! Et moi, bien sûr, je saluais, à gauche, à droite, souriant stupidement - un peu comme Jean-Paul II en visite officielle dans sa papa-mobile ; la différence étant que moi, j'étais plutôt gêné. (Robert Dehoux ; ancien ingénieur au Congo belge).