Le jour où le ciel s'en va

Ça commence sur une plage d'été, bondée, avec ses criailleries,
sa torpeur d'ennui trompé en masse. Tout va bien, comme toujours.
Vers six heures, deux coups de vent. Et puis, rien.
Deux heures plus tard, c'est la Rafale. Tout le sable soulevé,
jusqu'aux parkings et routes où fuiront les marées de voitures en panique.
Certains, partis vers les dunes, d'autres, enfuis dans une villa
abandonnée, sont assez loin pour remarquer que le ciel paraît se tendre
inexorablement, lisse, en rideau peu à peu tiré, comme si apparaissait
l'espace derrière... derrière le ciel, pour le dire à l'humaine.
Pendant ce temps, bien sûr, les êtres continuent leurs petites
intrigues. Mais, dépassés, ne comprenant rien à «ce qui arrive», ils
communiquent et perçoivent comme jamais.