Grands notables du premier Empire. Vol. 30. Rhône

Le département du Rhône naît de la partition de celui de Rhône-et-Loire
décrétée le 29 brumaire an II consécutivement à l'insurrection
lyonnaise et à la phase de répression qui suit. Dès l'origine, son
image est troublée. Tôt impliqué dans la Révolution mais suivant
une trajectoire relativement indépendante de celle de Paris, ayant
produit les Chalier mais souvent tenu pour contre-révolutionnaire,
il est regardé par tous avec méfiance. Après Brumaire, on dit Lyon
et le Rhône favorables au nouveau régime. En effet, les élites socio-économiques
accueillent généralement avec faveur le Consulat puis
l'Empire qui correspondent au retour de la prospérité notamment
pour les secteurs emblématiques de l'économie locale : la soie ou la
passementerie lyonnaises, le coton beaujolais.
Les listes de notabilités dressées dès les premiers temps de l'Empire
par le préfet d'Herbouville font apparaître une grande variété de
situations individuelles : ci-devant pragmatiquement ralliés au
nouvel ordre des choses, négociants et banquiers enthousiasmés par
le soutien apporté aux affaires, acquéreurs rassurés par l'oeuvre de
stabilisation sociale, rares talents intégrés à la nouvelle élite. Qu'ils
acceptent ou pas de participer à la vie publique locale ou nationale,
tous parviennent à tirer profit d'une période d'autant plus riche en
opportunités qu'elle est celle d'un renouveau.