L'ami des femmes

« Ernesto savait très bien les risques qu'il courait à chaque fois qu'il
rencontrait une femme. De peur de céder à la séduction, il levait
immédiatement les mains en l'air et offrait son amitié en gage de paix.
Mais aucune d'entre elles n'était prête à l'épargner. Il constituait une
cible à laquelle la plus tendre des vanités féminines n'aurait pu résister.
Son désir de souffrance était aussi grisant que la vue du sang pour
les requins. Il excitait leur appétit, elles en voulaient encore. »
Ernesto, 40 ans, un professeur de lettres qui vit à Trieste, n'a pas
de chance avec les femmes. Ce sont peut-être les séquelles d'un très
lointain traumatisme d'enfance qui lui font craindre l'amour et
rechercher l'amitié qui lui garantirait enfin la tranquillité et la sérénité,
échappant ainsi au drame de la passion et à l'esclavage du désir.
Mais il est difficile de renoncer aux imprévisibles feux de la passion
et voilà qu'Ernesto, après un mariage terne avec Nadia, qu'il connaît
depuis l'enfance, poursuit sa quête de femmes-amies, ruminant son
«désir de souffrance».
Sur un ton faussement léger où perce l'ironie, Marani explore la relation
amoureuse à travers un personnage attachant, et drôle malgré lui.