Percevoir : de l'idéologie de l'expérience à sa théorie

Pour qui se nourrit ni d'illusions, ni de futilité, ce qui peut encore prétendre au nom de philosophie montre un étiolement et un appauvrissement croissant des perspectives au cours de ce siècle, en contraste éclatant avec l'explosion scientifique.
Le propos de cet ouvrage est, dans un premier temps, de montrer que cette évolution est l'aboutissement inévitable d'une problématique implicite plus ancienne, d'élucider cette problématique, d'en marquer les limites et les contradictions.
Ayant saisi en quoi cette problématique aboutit à une impasse, on voit la nécessité de reprendre l'examen du cadre conceptuel dans lequel on peut penser l'expérience, lieu crucial de tout savoir comme de toute pratique.
Cet ouvrage entame cet examen par l'analyse de la perception, première forme rationnelle, mais non la seule, de l'expérience, en rejetant les préjugés inhérents à l'idéologie classique, préjugés qui pèsent toujours sur les formes les plus contemporaines de la philosophie, en s'efforçant de saisir l'expérience telle qu'elle se présente et non pas telle qu'on s'imagine qu'elle devrait se présenter.