Les conflits du membre supérieur chez le sportif

C'est sous le terme de impingement syndrome qu'en 1972 la notion de conflit a été
développée par Charles S. Neer dans un article de Bone and Joint. Cette notion
de conflit entre deux structures anatomiques a ensuite été largement développée
au niveau de l'épaule au cours de différentes publications consacrées à d'autres
conflits : sous-coracoïdien, postérosupérieur, sous-acromio-claviculaire.
Cette pathologie de conflit ou d'accrochage a également été décrite, parfois depuis
fort longtemps, mais sous d'autres noms au niveau du coude et du poignet.
Le diagnostic de ces différents syndromes, essentiellement tendineux à l'épaule et au
poignet et osseux au niveau du coude, est avant tout clinique. Il ne saurait être évoqué
sans une anamnèse détaillée et un examen clinique systématique et complet. Il est
avant tout fondé sur : l'étude des mobilités active, passive et contrariée ; la recherche
approfondie de signes de conflit mais aussi de laxité uni- ou multidirectionnelle ; la
palpation.
La «popularisation» du terme de conflit au niveau de l'épaule a conduit à regrouper
sous cette appellation d'autres pathologies qui étaient traditionnellement connues
sous le nom de syndromes canalaires. Ces syndromes canalaires sont des
manifestations en rapport avec la compression d'un nerf dans un défilé anatomique.
Les syndromes canalaires et les défilés du membre supérieur sont nombreux.
Leur diagnostic est clinique. Il faut, dans un premier temps, affirmer que les
«douleurs» dont se plaint le patient sont bien d'origine neurologique (diagnostic
d'appareil). Il s'agit en fait de paresthésies, d'engourdissements nocturnes et/ou
positionnels. Les troubles sont d'installation progressive. Il peut s'y associer des
douleurs vraies et parfois un déficit sensitivomoteur objectif. Il faut ensuite affirmer
que cette pathologie neurologique est bien d'origine périphérique.
Reflet des exposés présentés lors de la 28<sup>e</sup> journée de traumatologie du sport de la
Pitié-Salpêtrière, ce livre s'adresse aux médecins et traumatologues du sport, aux
médecins de médecine physique et de réadaptation, aux rhumatologues ainsi qu'aux
chirurgiens orthopédistes.