La Vénus à la fourrure

Si le romantisme a bouleversé la tradition littéraire dans
maints pays, l'Allemagne est certainement celui où ses
effets se firent sentir le plus profondément. Un bref
«tableau de l'Europe» dans la première moitié du
XIX<sup>e</sup> siècle mettait en évidence l'ampleur de la vague de
fond qui, submergeant la solennité, l'impersonnalité du
classicisme, apporta avec une eau pure ourlée d'une
écume révolutionnaire, les moyens de donner à l'art
d'écrire une forme nouvelle.
L'héritage de cet écrivain est vaste et riche.
La Vénus à la fourrure, comme plusieurs autres de ses
ouvrages est en partie autobiographique. Sacher
Masoch y relate certains épisodes de son orageuse aventure
avec Anna de Kottowitz. Certaines scènes qu'il
raconte dans ce roman, et, en particulier, qu'il accompagna
effectivement à Florence, en qualité de valet, cette
grande, mais singulière princesse Bogdanoff. On peut
donc croire que notre auteur est sincère lorsqu'il répète
a satiété que son plaisir le plus vif est d'être couché
devant sa maîtresse et d'avoir sa nuque sous le pied de
celle-ci.