Comment priver un enfant de son père : un dysfonctionnement ordinaire de la justice

L'enfer a commencé le 18 janvier 2001, mais je ne savais pas
encore qu'il s'agissait de l'enfer. J'imaginais juste qu'il s'agissait
d'une de ces agaceries ou vexations que Victoire, la mère de Sophie,
multipliait à mon égard depuis que nous nous étions séparés dans
le déchirement, trois ans plus tôt.
L'homme qui raconte son histoire dans ce livre est un père condamné
pour « attentats à la pudeur avec violence ou menaces » sur la personne
de sa fille. Il clame son innocence et explique comment s'est construite
une vérité judiciaire qui pourrait bien n'être qu'une erreur judiciaire
ou, pire, un dysfonctionnement ordinaire de la justice.
Son récit - qui se lit comme un roman - se compose de deux trames
narratives. La première suit le fil de l'enquête et décrit le processus
judiciaire : le rôle joué par la psychologue d'un service SOS-Enfants
et par les experts successifs. Sur quelles bases ont-ils travaillé ?
Comment les enquêteurs ont-ils utilisé leurs conclusions ? Les uns
et les autres se sont-ils influencés, voire parasités ? Le second axe
repose sur le rôle du tribunal pour enfants et l'évolution de ses
relations avec sa fille âgée de quatre ans et demi au début de ce
drame. Depuis de nombreuses années, il se bat pour maintenir un
lien avec elle. Plusieurs chapitres retracent son parcours du combattantauprès
du tribunal et de divers organismes voués à la protection
de l'enfance.
Cette expérience l'amène à une série de réflexions sur les institutions
avec un regard de père, d'intellectuel, de citoyen en butte à une violence
que l'on n'imagine pas devoir subir. Autant qu'un témoignage,
ce livre se veut donc un essai politique sur la manière dont notre
société maltraite des enfants en prétextant leur intérêt, en même temps
qu'elle met à mal un certain nombre de nos valeurs démocratiques.