Georges Bataille, la terreur et les lettres

Georges Bataille, la terreur et les lettres met en cause la
vulgate critique qui, à la suite de Tel Quel , continue à donner
la faveur à une lecture «terroriste» de l'oeuvre bataillienne.
On lit toujours Bataille pour le sublime de son abjection et
la passion indicible de ses textes. On retient encore de son
oeuvre ce moment initial où la révolte contre le surréalisme
contribue à proposer l'image durable d'une «écriture» anti-rhétorique,
sacrificielle et pulsionnelle. Or, cette approche
est aussi historiquement limitée qu'elle est textuellement
problématique. Elle ne permet pas de prendre en compte
l'ensemble d'une réflexion littéraire qui, dans les années
quarante, revient sur ses textes et repense leur relation au
sacrifice et à l'indicible. C'est donc à partir d'une relecture
générale de l'oeuvre et plus particulièrement de certains
textes charnières des années quarante (le Coupable,
L'expérience intérieure, L'impossible ) que le présent ouvrage
remet en question le «terrorisme» de Bataille. Il réévalue
son approche littéraire dans le contexte critique des oeuvres
contemporaines pour montrer que l'appel paulhanien à un
«retour à la rhétorique» trouve alors davantage d'échos
dans l'écriture bataillienne que la terreur anti-poétique.
L'expérience intérieure de Bataille, son «impossibilité», n'y
perdent pas leur tension vers l'indicible. Elles y gagnent
une conscience de leurs clichés et le savoir très sûr de leur
littérarité.