Paroles de mineurs

«Je suis descendu dans la mine en avril 1919 ; j'en suis
sorti le 17 février 1940.»
Fils de mineur, Constant Malva n'a pas choisi sa
condition, mais c'est elle qui va nourrir son oeuvre.
Ouvrier, passionné de lecture, cet homme révolté
raconte sans nostalgie sa vie de mineur : de l'intérieur, il
décrit le danger, l'enfermement, la chaleur et la poussière,
le calvaire des chevaux, l'obsession du rendement, la
silicose qui finira par l'emporter, mais aussi la pauvreté,
l'existence dans les corons du Borinage, son amour de la
littérature.
«Son oeuvre constitue, au moment où le métier de
mineur est en voie de disparition, un extraordinaire
document sur le travail et la vie quotidienne des "gueules
noires"», dit dans sa préface Michel Ragon, qui l'a bien
connu.
«Il m'est doux d'imaginer que, plus tard, quand je ne serai
plus et qu'on étudiera notre époque, quelqu'un dira : "On peut
consulter avec fruit les ouvrages de Constant Malva. C'est
l'écrivain le plus objectif sur la vie des mineurs de son temps."»