De la Royale à la rue aux Ours

Jacques Fortin est ce qu'il convient d'appeler un «cabochard».
À la suite de la mort de sa mère lors du débarquement de Normandie, il s'engage à seize ans dans la Marine nationale, alors qu'il est apprenti typographe. Nonobstant une culture foncièrement antimilitariste et ce pour échapper à un contexte familial qu'il réprouve, il part à l'École des mousses.
Après les écoles de «La Royale» et un passage en Tunisie, il se retrouve en Indochine dans le corps expéditionnaire français en Extrême-Orient et ce pour assurer le maintien d'un système colonial qu'il rejette. Son comportement souvent contestataire par rapport à la hiérarchie fera de lui «un abonné aux arrêts».
De retour à la vie civile, le militantisme ne le lâchera plus, ce qui donne un ensemble d'expériences et d'anecdotes aussi cocasses que truculentes propres à ce milieu de l'imprimerie parisienne imprégnée d'anarcho-syndicalisme.
Aujourd'hui «la rue aux Ours» ne répond plus du fait de l'évolution technologique. Cela rend d'autant plus précieux le témoignage de l'auteur, ancien secrétaire de la Chambre syndicale typographique parisienne.