Gaston Leroux : de Rouletabille à Chéri-Bibi

Depuis 1907, un certain Rouletabille fait parler de lui. En «prenant la raison
par le bon bout» pour résoudre le Mystère de la chambre jaune , en
démasquant le bandit Larsan dans Le Parfum de la dame en noir - on célèbre
cette année le centième anniversaire de sa parution -, en traversant sain
et sauf périls et aventures aux quatre coins de l'Europe et jusqu'en Russie,
le reporter-détective est devenu une célébrité, presque un nom commun,
dont le cinéma et la télévision se sont emparés à leur tour.
Ce héros de la culture populaire, dont le nom a parfois éclipsé celui de
son créateur, est né de la fantaisie et de la verve créatrice d'un écrivain,
Gaston Leroux (1868-1927), qui, dans la foulée, a inventé deux autres
figures promises à l'immortalité : Erik, le «fantôme de l'opéra», et le
bagnard Chéri-Bibi. C'est beaucoup pour un seul homme. Or, justement,
la vie de Gaston Leroux, journaliste et romancier à succès, n'a pas été de
tout repos : d'abord chroniqueur judiciaire et grand reporter, puis feuille-toniste
et scénariste, il n'a cessé de travailler d'arrache-pied, mettant en
oeuvre toutes les ressources dont son imagination et son sens de l'observation
étaient capables.
L'exposition organisée par la Bibliothèque nationale de France, à l'occasion
du don des archives de Gaston Leroux par ses héritiers, éclaire,
comme le catalogue qui l'accompagne, les grands moments de ce parcours :
manuscrits, photographies, affiches, éditions illustrées, unes de journaux
de l'époque, donnent à voir les aspects les plus connus de l'oeuvre du
romancier à la lumière des épisodes, tombés dans un oubli immérité,
d'une carrière journalistique palpitante.