Coup de tabac sur la rade : un récit politico-historique toulonnais

Depuis le 15 août 1964, date à laquelle Charles De Gaulle, président de
la République en exercice, échappa de peu à un attentat à Toulon, sur le
mont Faron, les médias français ne s'intéressèrent que très peu à la vie de
notre grand port militaire. À peine parfois quelques lignes dans L'Équipe
à la faveur d'une rencontre de rugby à XV des rouge et noir du RCT
contre Toulouse, Béziers, Montauban ou Narbonne. Ou encore d'un
match de football des jaune et or du Sporting-club de Toulon, encore en
première division, contre Lyon, Le Havre ou Metz.
Mais dès l'automne 1976, les radios, les télévisions et la presse écrite,
nationales et régionales, fixèrent durant plus de six mois leurs projecteurs
sur la rade de Toulon. Enquêtes, interviews, déclarations de leaders
nationaux comme Maxime Gremetz ou François Mitterrand tinrent en
haleine le public toulonnais.
Cet ouvrage d'Alexandre Briano retrace, à l'aide de témoignages, de
documents et d'articles de presse ces neuf mois d'élaboration d'une
campagne d'élection municipale toulonnaise, entre juin 1976 et mars
1977. Elle aurait pu être d'une banalité n'intéressant qu'une infime partie
des Toulonnais. A priori, la ville semblait vouloir reconduire au mieux
l'équipe municipale sortante ou, au pire, la liste de gauche PCF-PS.
Mais un ver fut introduit dans le fruit : la proposition de responsables
politiques parisiens de vouloir, dans certaines villes, ouvrir les listes à
d'autres opposants tels que les gaullistes de gauche.
À Toulon, avec la proposition de faire participer le vice-amiral d'escadre
Antoine Sanguinetti, dit Tony Carabine, la zizanie durant de longs mois
s'installa.
D'où le titre de cet ouvrage : Coup de tabac sur la rade.
Un grand marin français aux prises avec des petits chefs politiques
locaux. Occasion perdue de donner à Toulon un autre visage. Une
opportunité qui, sans doute, comme l'avait dit l'amiral, ne se
représentera plus jamais.