Spirale, n° 69. Assistant(e) maternel(le), un métier à part (entière)

Les assistant(e)s maternel(le)s (plus de 350 000 en activité en 2013)
accueillent la majorité des jeunes enfants, confiés hors du domicile
familial : c'est en effet le mode d'accueil le plus développé en France,
bien avant la crèche (273 000 enfants de moins de trois ans en
profitent). Pourtant ils, ou plutôt, elles - car ce métier à la fois invisible
et familier est à 99,5 % féminin - restent méconnues. Elles n'ont
aujourd'hui plus grand chose à voir avec les nourrices d'autrefois,
et bénéficient d'avantages statutaires inscrits dans la loi. La loi de
1977 crée le statut d'assistante maternelle ; la loi de 1992 impose
aux départements de leur dispenser une formation «d'une durée
minimale de 60 h» et revalorise leur salaire ; la loi de 2005 institue
le métier d'assistant maternel agréé (au masculin), introduit une
obligation de formation de cent vingt heures et précise, par référentiel,
les capacités et les compétences exigées pour l'exercice de leur métier
(référentiel fixant les critères d'agrément renouvelé en 2012).
Pour autant, elles ont toujours le sentiment que leur travail n'est pas
reconnu et leur situation économique reste souvent précaire. Spirale
va à la rencontre de ce «grand métier» qui est devenu une profession
à part entière, même si, trop souvent encore, elle est considérée comme
une profession à part.