La réforme aéroportuaire de la loi du 13 août 2004 à l'épreuve des faits

La propriété et la gestion de 150 aéroports locaux ont été transférées aux
collectivités territoriales ou à leurs groupements par la loi du 13 août 2004.
L'originalité de ce texte est la procédure d'appel à candidatures instaurée au
profit des acteurs locaux afin d'obtenir leur adhésion pour l'exercice de la
nouvelle compétence. Ils ont été nombreux à se porter volontaires,
manifestant ainsi leur résolution de s'impliquer fortement dans l'activité, car
ils y ont vu une opportunité de développement et de rayonnement des
territoires.
Or, aujourd'hui, cette question dépasse largement le cadre juridique de la
décentralisation. Les collectivités territoriales nouvellement compétentes sont
confrontées à la fin des monopoles, à un trafic souvent insuffisant, à un réseau
aéroportuaire sans limite territoriale, aux stratégies économiques de
redoutables partenaires économiques. Pour les incontournables compagnies
low cost , l'aéroport est un client et elles mettent alors en compétition les
différentes plates-formes. La question se pose alors de savoir quelles
politiques publiques aéroportuaires adopter, quels liens nouer avec les
structures avoisinantes, particulièrement avec les grands aéroports régionaux
restés à l'État. Les solutions ne sont pas uniformes et elles dépendent de
nombreuses variables, distinctes selon les spécificités des régions. Mais in
fine , c'est le devenir des aéroports locaux qui est en jeu.