Si je mourais là-bas

Décembre 1994. L'Armée rouge bombarde la ville de Grozny,
en Tchétchénie. Un nouveau Stalingrad. Un groupe de rebelles,
enfermé dans le Palais présidentiel, se bat sous un orage de feu. L'acier
pulvérise les maisons, les combattants, les civils. La neige recouvre les
ruines fumantes. Nous sommes dans le dernier cercle de l'Enfer.
Yvan Nadège, reporter envoyé par un quotidien du soir, y débarque
la peur au ventre. Il regrette aussitôt d'être venu. En compagnie de
deux photographes, des allumés, il voit la mort fondre sur lui. Il oublie
ses réflexes de professionnel, se terre, ramasse à la sauvette des bribes
d'information. Poutant il retrouve son métier, stimulé par des héros
modestes qui, sans lui, resteraient anonymes. Il est hébergé par
Vakhran, un notable qui hait la guerre mais se refuse à quitter la ville
agonisante. D'autres témoins lui offrent de quoi écrire ses papiers :
Jahita, une paysanne qui a survécu à un massacre, des mères de soldats
russes qui bravent tout pour avoir des nouvelles de leurs fils. Il
rencontre une jeune championne de natation, Tatiana. Promise à une
médaille olympique, elle a lâché l'entraînement pour rejoindre ses
frères et devenir une redoutable snipper.
Yvan, écrasé par l'horreur des récits de ces survivants, en proie à des
cauchemars, pourrait quitter Grozny. Mais il reste, comme s'il semblait
prendre goût à un jeu mortel. Et si la prochaine bombe était pour lui ?