Vlad Tepes comte Dracula ou Trois cavaliers de l'apocalypse

Le monde est plein de gens qui voudraient mourir et
ne le peuvent pas, le monde est plein de gens qui voudraient
sortir de leur solitude et ne le peuvent pas.
Cette phrase du roman révèle sous un autre jour le personnage
qui les prononce - le personnage ou le mythe ? -, le
comte Dracula. Jep Gouzy n'a pas voulu retenir - sauf pour
s'en moquer - les éléments traditionnels de la littérature ou du
cinéma qui nous présentent un être sanguinaire, capable de se
transformer en vampire et en loup, la nuit.
Dans ce livre l'auteur a bien donné une aspect étrange à
Dracula, mais ce n'est pas celui que l'on attendrait. Le roman
s'intéresse à la terrible solitude du personnage, d'autant plus
terrible qu'il sait qu'il ne mourra jamais, hésitant lui-même
entre la définition d'immortel, de non-mortel ou de non-mort,
ce qui le rend encore plus humain.
Ce roman se définit peut-être comme un roman d'amour
dominé par une quête dont on ne connaîtra pas l'aboutissement.
David, Laura, Dracula, ces trois cavaliers qui s'éloignent
- pour l'un d'eux dans la solitude - semblent réunis par
la recherche du quatrième cavalier, apocalyptique celui-ci - la
mort ? - dont ils ne savent rien et peut-être n'en sauront-ils
jamais rien. D'ailleurs savent-ils eux-mêmes qu'ils le cherchent,
ce quatrième cavalier ? De certitude en incertitude, la
seule voie qui leur reste n'est-elle pas la fuite ?