Fous d'Artaud

Les fous d' A rtaud sont-ils
aussi fous que lui ?
La folie, comme la peste, est
contagieuse et tous, psychiatres,
disciples, famille, critiques, tous
ceux qu' A rtaud a approchés,
ou qui ont approché A rtaud,
semblent participer de son délire.
Cet ouvrage le montre de diverses
manières, la plus saisissante
étant sans doute ce qu' A rtaud
avait nommé un «drame mental»
- une confrontation avec les
témoins ou «persécuteurs» du
poète où se démasque à vif le
délire propre à chacun d'eux, et
celui de l'auteur lui-même.
Ce livre n'entend pas apporter une
strate supplémentaire aux débats
qui ont fait rage depuis la mort du
poète maudit, ni prendre parti
entre les différents camps qui se
disputent encore la dépouille
d' A rtaud ; il parle du lieu où se
«travaille» la folie.
Dans un travail commencé
depuis plus de vingt ans
(« A ntonin A rtaud», New York,
Scribner's Son, 1983), Lotringer a
interviewé les deux médecins de
Rodez qui ont soumis le patient
A ntonin A rtaud aux électrochocs :
le directeur de l'hôpital
psychiatrique, Gaston Ferdière, et
son interne, Jacques Latrémolière.
Enfin, la si contestée (par la
famille d' A rtaud) Paule Thévenin
livre l'identité du fameux "D<sup>r</sup> J. L."
violemment pris à parti par
A rtaud dans son «Van Gogh,
le suicidé de la société».