Vessies et lanternes

«J'habite maintenant dans un pays où la terre est maigre
et le squelette apparent. L'hiver y est long, l'été sec, les saisons
intermédiaires se résumant à quelques jours où tout éclate
- c'est le printemps - et s'abolit en noir et blanc - c'est le froid.
Quelques paysans réfractaires s'y dessèchent et gèlent sur pied ;
moi-même j'y fais le sphinx et la momie.»
En 1972, Alain Chany (1946-2002) publie son premier roman,
L'Ordre de dispersion. Ce texte devient vite le livre-culte
d'une génération flouée par l'après-Mai 68 : son héros passe
au crible, avec un humour désenchanté, tous les discours
d'émancipation politique. L'auteur, lui, se retire dans la ferme
familiale de Haute-Loire.
Vingt ans après, il reprend la plume et publie Une sécheresse
à Paris , où la célébration lyrique de la nature côtoie l'évocation
nostalgique de Paris. Autant de confidences, de vagabondages,
d'aphorismes arrachés au silence et à la solitude, qui signalent
la résurrection d'un écrivain.
Outre le texte intégral de L'Ordre de dispersion
et d' Une sécheresse à Paris, Vessies et lanternes comporte
un inédit, Le Cirque d'hiver , ainsi qu'une postface
de Gérard Guégan.