Ludovic Clergeaud (1890-1956) : métayer : 50 ans d'engagement en Vendée

Qu'est-ce qui mène un métayer autodidacte, fils de métayer
quasiment illettré, au socialisme, voire au communisme dans les années
vingt ?
Peut-on parler d'un parcours atypique pour ce libre penseur,
pacifiste, franc-maçon et ligueur, dans une Vendée majoritairement
rurale, catholique et conservatrice ?
Né dans le bocage vendéen dont il aimait raconter les miettes d'histoire,
ce métayer s'engage à 16 ans dans le parti de Jaurès. Anticlérical
sans être anti-religieux, encore plus pacifiste après la Guerre,
il participe en 1920 à la naissance du P.C en Vendée. Exclu du parti,
il tente de concilier socialisme et communisme, avant de revenir à
la S.F.I.O. Secrétaire de la fédération de Vendée en 1927, il le reste
jusqu'aux années cinquante. Ce paria de la Terre tente de regrouper
les paysans en syndicats. Contrôleur à l'Office du Blé sous le Front
populaire, élu conseiller général du canton de L'Hermenault de 1937
à 1940, Ludovic Clergeaud, résistant, entre au Comité départemental
de Libération. Réélu de 1945 à 1949, il participe à la reconstitution du
syndicalisme paysan. Auteur d'une autobiographie et de centaines
d'articles, il laisse une abondante correspondance, point de départ
de cet ouvrage.