Ultime retouche

Dans ce manoir sinistre où les petites vieilles tombent des fenêtres «comme s'il en pleuvait», chacun porte un secret difficile, un souvenir terrible, mais tous ont choisi la même troublante manière d'en conjurer les affres. Valentin, le réceptionniste intérimaire, s'adonne à des jeux brûlants avec une mignonne aide-soignante ; Martial, ambulancier taciturne, oublie son souci entre les cuisses accueillantes d'une infirmière gironde ; Etienne s'inflige le passionnant supplice d'un voyeurisme jaloux, embusqué à la fenêtre directoriale derrière laquelle M<sup>lle</sup> Paquet, chef exécré de l'hôpital, s'offre de fulgurantes et triviales secousses avec le toiletteur mortuaire dont le talent spécial semble la surexciter : c'est lui qui pomponne les cadavres, qui leur redonne, si nécessaire, visage humain. Or, ses «retouches» pourraient bien être à l'origine d'une série d'événements et de chamboulements dont les dernières pages du roman nous livrent l'ultime surprise.