Contes érotiques russes

«Que le pope soit une des cibles privilégiées de ces
Contes, n'est peut-être pas gratuit.
Alexandre Herzen se devait de constater : «Les moujiks
méprisent les popes, qui ne sont pour eux qu'êtres fainéants
et gens cupides, qui s'emploient à vivre à leurs dépends. Le
héros de toutes les obscénités populaires et chansons de rue,
l'objet de toutes les moqueries et de tous les sarcasmes, c'est
toujours le pope.»
Afanassiev, en livrant ce matériau brut, entendait
réfuter à l'avance les arguments des détracteurs possibles de
ces Contes : «Les littératures des autres peuples offrent
beaucoup de contes érotiques du même genre, et depuis
bien longtemps déjà nous ont précédés dans cette voie (...)
Donc, l'accusation de cynisme grossier adressée au peuple
russe équivaudrait à la même accusation adressée à tous les
peuples, c'est-à-dire se réduirait à zéro». Et d'inviter de
vrais chercheurs à aller au fond des choses : «Curieux sous
bien des rapports, nos Contes secrets russes sont également
remarquables pour une autre raison : au savant fondamental,
à l'investigateur en profondeur de l'esprit populaire russe, ils
fournissent un vaste champ de comparaison, relativement au
contenu, avec les contes du même genre des écrivains étrangers,
avec les contes des autres peuples.
Il y a eu une édition en langue française de ces contes,
dûe à la curiosité de Guillaume Apollinaire, mais ces
Contes secrets russes furent livré au public français en 1912
et le furent dans un curieux costume.