Le sacrifice des Normands : l'été 1944

Un récit poignant qui met en lumière le martyre des
Normands, c'est-à-dire la face trop cachée ou trop oubliée de
la formidable opération qui précipita la défaite du III<sup>e</sup> Reich et
la libération de l'Europe. Du 6 juin au 30 août 1944, la
Normandie a été le théâtre d'une gigantesque bataille qui,
Alliés et Allemands confondus, a fait quelque 200 000
morts... et laissé derrière elle un champ de ruines. Aucune
province de France n'a connu de tels ravages : 20 000 civils
au moins ont été tués en quatre-vingts jours. Caen, écrasé par
un mois de bombardements et de tirs d'artillerie,
Saint-Lô, la «capitale des ruines», Le Havre dont le centre fut
anéanti bien que la ville ne recélât aucun objectif militaire,
Lisieux, Coutances, Valogne, Mortain, Falaise, Villers-Bocage,
Isigny et bien d'autres bourgs ont été détruits à plus de 75
pour cent. A part Bayeux, miraculeusement épargné, il n'est
guère de cités normandes dont le patrimoine historique ait
échappé au marteau allié, forcément plus destructif que
l'enclume allemande.
Grâce à des dizaines de témoins, Christophe Beaudufe
raconte au jour le jour la survie ou la mort de ces Français
sous les bombes et les obus, terrés dans des caves et des
grottes, errant sur les routes et dans les champs, ensevelis
sous les décombres des maisons qu'ils ne s'étaient pas
résignés à évacuer.
Ce terrible tribut payé à la libération de la France, les
Normands l'ont accepté avec courage ou fatalisme. Mais ils
ont été trop souvent négligés par les historiens. Il était utile,
soixante ans après, de restituer l'étendue de leur sacrifice.