Poétique(s) de l'espace dans les oeuvres fantastiques et de science-fiction

Ce volume collectif rend un hommage transparent à
l'ouvrage fondateur de Gaston Bachelard, La Poétique de
l'espace. Nous verrons coexister et se croiser des topographies
imaginaires, et des topographies de l'imaginaire. Les auteurs,
par des voies diverses, parfois inattendues, élaborent donc
(parfois en creux) toute une série de cartographies de l'intime
même s'ils semblent, de prime abord, présenter des études
d'espaces «extérieurs». Les frontières entre le dehors et le
dedans sont à l'évidence mouvantes et instables, en constante
relation dialectique, et l'«extérieur» n'est parfois rien d'autre
qu'un prolongement de l'intériorité. La variété des supports
traités (roman, peinture, cinéma, et photographie), leurs
relations très fructueuses, permettent l'élaboration progressive
d'un vaste espace intertextuel.
Les treize travaux, essentiellement ancrés dans la période
contemporaine, s'articuleront selon une logique générique et
thématique. La première partie de l'ouvrage s'intéressera donc
aux croisements et aux passages, à la question des carrefours et
des frontières, tant génériques que géographiques et culturels,
à l'hybridité et au métissage. La deuxième partie du volume
sera consacrée aux «espaces mythologiques, imaginaires et
oniriques», et présentera une variété représentative d'espaces
mythiques qui relèvent soit de mythes collectifs consolidés à
la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, soit de mythologisations individuelles et
idiosyncrasiques de l'espace et du réel chez quelques écrivains
anglophones et francophones. On ne pouvait évidemment
traiter de l'espace sans une étude de ses mises en oeuvre dans
des media qui en font leur support principal, la photographie
et le cinéma ; il s'agira donc de la troisième et dernière partie
du volume intitulée «L'espace en images : photographie
et cinéma». Par-delà ces trois regroupements se dessinent
d'autres lignes de force complémentaires qui parcourent
l'ensemble, renforcent sa cohérence et en font un espace
conceptuel permettant des lectures plurielles, des croisements,
et des interactions constantes. C'est comme si, sans frontières,
ce volume continuait à mener son existence autonome, et à
s'écrire.