La médiatisation de l'histoire : ses risques et ses espoirs : actes du colloque, Strasbourg, 22-23 mai 2003

«De nos jours, les médias généralistes, voire les médias spécialisés, jettent un regard sur
le passé qui prend souvent des libertés avec les réalités historiques. Loin de la rigueur
recherchée par les historiens, ils appliquent à leurs constructions narratives ou à leurs scénarisations
visuelles des critères d'analyse de l'actualité qui sont évolutifs au gré de leur
propre histoire. De ce fait, ils n'évitent ni l'anachronisme, ni l'amalgame, ni la confusion des
situations comme des représentations collectives de l'Autre et de Soi auprès des opinions
publiques peu portées à la connaissance de leur passé».
«L'histoire est-elle compatible avec les exigences de l'immédiateté et de l'offre des événements
en «temps réel» ? Est-elle compatible avec le commerce des images filmées, celui
des regards des historiens d'hier et des historiens d'aujourd'hui ? Jusqu'à quel point, le
sujet historique, à l'instar de n'importe quel autre choisi par les grands médias, peut-il subir
la sanction du marché comme critère déterminant et... discriminant ? Et quelles en sont les
conséquences ?»
«Les événements qui ont suivi le 11 septembre 2001 ont donné une acuité à notre thème...
Ils interrogent sur l'argumentation historique chaque fois utilisée autant que sur l'annonce
des faits». ( Extraits de l'introduction de Michel Mathien ).