Le passé imposé

Le passé imposé

Le passé imposé
2014257 pagesISBN 9782916136714
Format: BrochéLangue : Français

Solitaire abhorrant le monde moderne, Philippe Pontagnier s'acharne à isoler ses enfants dans une maison où leur seul contact

avec les humains est un certain Kuntz, homme étrange censé parfaire leur éducation. Lorsque les trois adolescents parviennent à s'échapper,

ils ne connaissent guère du monde que ce que leur père et leur précepteur, ainsi que quelques livres bien choisis, leur en ont appris.

Déambulant dans Paris, ils vont donc, chacun à leur manière, tâcher d'en déchiffrer les moeurs et de s'y faire une place. Une rencontre sera

décisive : celle d'un certain Monsieur Mystère, magicien de son état, auprès duquel ils vont se prendre au jeu de la vie. Mais c'est sans compter

sur la soif de vengeance du Père : l'ogre rôde, et le destin est tenace. François Blistène est gaucher, vit à Paris, est âgé d'un demi-siècle

environ et a publié son premier roman, Moi, ma vie, son oeuvre , aux Éditions du Sonneur.

Aussi rapidement que certains attrapent un rhume, Philippe Pontagnier se retrouva orphelin. Exaspéré par les velléités culinaires

de ses parents et leur quête dominicale d'une nouvelle auberge où se goinfrer, il avait refusé ce jour-là de les accompagner. Bien lui en prit, vu

l'état de la voiture agonisant dans un ravin de coquelicots vermillon. Conduit sur les lieux, devant ferraille et os, Pontagnier ne put s'empêcher

de ramasser une fleur, et découvrit qu'elle n'avait pas d'odeur. Cette absence de senteur, assez commune chez les papavéracées, en dépit des

exhalaisons d'essence et du fumet de cadavre frais, lui fut insupportable : il était plus perfectionniste qu'émotif. Les gendarmes crurent

pouvoir le rassurer en certifiant que ses parents n'avaient pas souffert («morts sur le coup»). Il pensa donc qu'ils s'étaient endormis au volant

après un repas trop exubérant, et la vulgarité des circonstances adoucit sa douleur. Pendant quelques mois, Pontagnier éprouva cependant

une certaine tristesse à leur absence. Puis les rayons du soleil printanier mirent fin à sa dépression, tant il est vrai que s'évapore mieux le chagrin

avec sécheresse et bleu du ciel. Fils unique, le dernier des Pontagnier héritait de la fortune rondelette de bourgeois viveurs mais travailleurs.

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